La Grande Guerre de 1914-1918

La guerre 1914-1918 - Wattwiller
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Wattwiller

Dès l’arrêt des premières offensives françaises d’août 1914 sur Mulhouse la ligne de front va se dessiner. A partir de mi-septembre les positions vont se stabiliser suivant les points acquis lors des précédentes attaques. Le plus souvent la topographie du terrain va décider des positions (entrées de vallée, sommet dominant, rivière etc). A la fin du mois de décembre 1914, les combats du Vieil-Armand, d’Uffholtz et de la Côte 425 vont arrêter un tracé orienté Nord- sud qui longe les communes de Wattwiller, d’Uffholtz et de Steinbach. Cette ligne, après les combats de l’année 1915 n’évoluera quasiment plus jusqu’à la fin du conflit. La proximité de cette ligne va devenir une des principales causes des destructions dont notre village va souffrir. Durant la période des combats pour le sommet du Vieil-Armand, le village va supporter des bombardements réguliers qui vont le détruire petit à petit. Le clocher de l’église va perdre sa toiture au courant du deuxième semestre de l’année 1915. Le corps du clocher résistera malgré les centaines d’obus qui tomberont aux alentours !

La guerre 1914-1918 - Eglise de Wattwiller
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Eglise de Wattwiller

Wattwiller est l’un des premiers villages à être évacué en Alsace (le 22/12/1914) et va être occupé par les troupes allemandes pendant toute la durée du conflit. Le village restera une base arrière pour les troupes occupant le secteur. Nombres de documents photographiques témoignent de l’activité et de la vie courante des soldats au village. Les établissements des Bains vont héberger un état major allemand. Des abris sont construits pour la protection des troupes dans le village. Des dépôts de munitions, de matériel sont installés en différents points. Des réseaux de tranchées et boyaux de communication desservent les différentes zones. Les tranchées, las abris et les cantonnements portaient des noms qui permettaient aux nouveaux arrivants de retrouver leur chemin dans ce labyrinthe : tranchée Schubert, Forster ou Wagner par exemple.

La guerre 1914-1918 - Wattwiller
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Wattwiller

Des lignes électriques, téléphoniques et des canalisations d’eau furent installées par les soldats jusqu’en première ligne. Ceci donna un soupçon de confort aux occupants des tranchées. Afin d’améliorer leur lieux de séjour, les soldats se servaient dans les maisons et nombre de poêle, tonneaux, vaisselle en tout genre s’est retrouvé dans les tranchées et abris. A partir de 1918/19 lorsque les habitants reviendront ils chercheront ce qui pouvait leur servir …. dans les tranchées. De nos jours dans les jardins, nous pouvons remarquer des tôles ondulées ou des plaques de blindage qui ont trouvé un rôle beaucoup plus pacifique !
Des positions d’artillerie furent aussi installées sur la commune dont certaines subsistent et les emplacements sont encore visibles de nos jours.

Une voie étroite de chemin de fer arrivait sur la commune, son terminus se situe vers la maison des chasseurs. Elle provenait des dépôts de la ville de Soultz et longeait le pied du Vieil-Armand. Après la guerre des éléments de cette voie vont être réutilisés pour l’évacuation des gravats. Wattwiller souffrira des destructions volontaires mais aussi des obus perdus ! En effet, l’artillerie française située dans la vallée de Thann et au Grand Ballon prenait pour cible le sommet du Vieil-Armand et les contres pentes ou l’ennemi trouvait refuge. Aussi tous les obus qui manquaient le sommet tombaient aux alentours et sur notre commune. Avec l’évolution de l’aviation de reconnaissance les Français pouvaient connaître les installations allemandes. Ainsi les techniques de camouflage vont évoluer et les caves de certaines maisons vont être utilisées comme abris.
11 Novembre 1918, c’est la fin d’un cauchemar…

Le retour se fait progressivement dans la douleur. Les habitants reviennent endeuillés pour la plupart et retrouvent un village en ruine, le spectacle qui s’offre à eux n’est que désolation. Il ne reste que trois maisons réparables.
Imaginez des monceaux de gravats, des pans de murs calcinés, des rues englouties, les Bains réduits à néant, une forêt dévastée, des vignes abandonnées…Difficile d‘imaginer que ce tas de pierres a été un jour une ville opulente, vouée à un avenir prometteur, et que la vie s’y écoulait paisiblement… Hélas, certains en ont décidé autrement…
Les ravages furent définitifs pour quelques édifices (disparition de la résidence des Princes Abbés avec ses caves voûtées, des vestiges des murs d’enceinte médiévale, de peintures dans l‘église, de dalles funéraires). 99 % du village a été détruit.