L'eau et les Grandes sources

La réputation de Wattwiller

La réputation de Wattwiller est intimement liée à ses eaux minérales connues depuis des siècles et probablement déjà exploitées par les romains, amateurs de thermalisme.

Un millénaire après leur départ, on trouve à Wattwiller un établissement de bains ou «étuve » où les gens profitent de baignoires en bois et bénéficient de nombreux soins d’hygiène. Et ainsi va à travers les siècles, l’exploitation plus ou moins florissante de ces bains publics, étroitement liés aux eaux minérales émergeant de diverses sources.

En 1948....

C’est en 1848 que le gouvernement français reconnaît les Eaux de Wattwiller d’utilité publique et autorise leur exploitation officielle.

Le 29 août 1865, les sources de Wattwiller sont déclarées d’intérêt public. Un an plus tard, une société composée d’hommes influents de la contrée, dont  M. le baron Joseph de Gohr, maire de Wattwiller, envisage pour la première fois la commercialisation des eaux des sources minérales

La naissance des Eaux Minérales de Wattwiller

Ils créent en 1866 la Société des Eaux Minérales de Wattwiller afin de restaurer puis de rouvrir la station thermale existante.

Le conseil municipal offre en 1867 un terrain de 21 ares, à condition que «les pauvres de la localité trouvent gratuitement un certain nombre de bains dans cet établissement ». Le 05 mai de la même année, le conseil délibérait sur la cession d’un filet d’eau communale à la société des Bains en échange d’une fontaine d’eau minérale pour l’usage du public et ceci sans aucune rétribution.

En 1867 l’eau minérale de Wattwiller est en vente non seulement en Alsace dans les meilleures pharmacies, mais encore à Paris, à Lyon ainsi qu’à Bâle. C’est la guerre de 1870 qui porte un coup fatal à la société des Eaux Minérales de Wattwiller. Les Prussiens entrent dans la ville le 1er novembre 1870, «à partir de ce moment notre petit bourg était continuellement réquisitionné et l’établissement des Bains fut obligé de livrer ses meilleurs lits et tout ce qui y a rapport pour le lazaret de Lachapelle, près de Belfort » (chronique paroissiale de Wattwiller) La société des Eaux de Wattwiller alors en grande difficulté vend toute la propriété à son hôtelier, Monsieur Lehmann, qui gère les Bains avec succès jusqu’à sa mort. En 1899, ses héritiers les cèdent à un nouveau propriétaire qui ne sait malheureusement gagner la confiance des habitués. Sa nationalité allemande explique sans doute la désaffection des curistes. En décembre 1902, la propriété en faillite est vendue aux  enchères à la famille Belzung – un abbé, son neveu étudiant en médecine et sa nièce.

Début 1900, installée dans les dépendances de l ’Hôtel des Bains, une petite usine d’embouteillage, gérée par la société «Lithiumquelle wattweiller» commercialise une eau lithinée «diurétique et tonique ». Les Mines de potasse d ‘Alsace comptent parmi les principaux clients ; Amélie Zurcher, à l’origine de la découverte du gisement de potasse en 1904, est une habituée des Bains.

La première guerre mondiale

Le 03 août 1914, l ‘Allemagne déclare la guerre à la France et les combats pour la maîtrise du Hartmannswillerkopf en 1915 et 1916 entraînent  la destruction presque totale du bourg et de l’établissement des Bains.

Si l’exploitation des sources lithinées de Wattwiller a repris en 1924 grâce à Jean Baptiste Deiber dans la nouvelle usine d’embouteillage située en amont de l’ancien hôtel des Bains disparu, le projet de reconstruction des Bains porté par Augustine Beltzung, la nièce de l’abbé décédé en 1920, reste sans lendemain.