Un écosystème complexe et polyvalent


Du point de vue de la protection, la forêt offre des habitats très variés en espèces faunistiques et floristiques.
Les arbres, par leur enracinement, permettent de lutter contre les éboulements de terrains, l'érosion et le lessivage des sols.
La forêt protège des vents et de l'ensablement dans les zones dunaires.
Les forêts jouent un rôle important dans la protection de l'eau : physiquement en régulant les précipitations par leur couvert et chimiquement par les échanges au travers des sols forestiers.
Le couvert forestier filtre m'air en retenant poussières et polluants atmosphériques et est producteur d'oxygène.
Par la photosynthèse, les végétaux utilisent le carbone atmosphérique et le stockent, d'où l'importance fondamentale des forêts dans la luttre contre l'effet de serre.

Du point de vue social, la forêt est un lieu public, ouvert à tous, accueillant en France 200 millions de visiteurs principalement en forêts publiques qui représentent un quart des forêts de l'hexagone. Mais la fréquentation et les activités de loisirs peuvent avoir des conséquences sur la faune et l'environnement.
La forêt est le lieu où s'exercent certaines traditions (bois de chauffage) et elle sert de cadre de vie par les paysages qu'elle offre.
Différents métiers s'y exercent : sylviculteurs, bûcherons, animateurs-nature...
Dans l'inconscient collectif, la forêt erste un lieu de mythes et de légendes, d'inspirations culturelles, un espace de silence et de méditation...

Du point de vue de la production, la forêt est un fournisseur de bois d'oeuvre pour la construction, la menuiserie, l'ameublement. Pour les populations locales, elle est source de matériaux et produits divers répondant à des besoins domestiques et productrice de biomasse ligneuse pour alimenter la demande importante en énergie (bois de chauffage, plaquettes forestières). Ces ressources sont exploitées par une main-d'oeuvre spécialisée et salariée.

Le Code Forestier élaboré en 1827 est le garant de la protection des forêts. Rappelons que le code forestier interdit tout allumage de feu en forêt ainsi que la circulation de tous véhicules à moteur sur les sentiers et chemins forestiers. 
Le code forestier est également un élément important de l'organisation du service public forestier.

Le saviez-vous ?
La journée internationale des forêts, c'est le 21 mars
rendez-vous sur http://www.journee-internationale-des-forets.fr

La forêt communale de Wattwiller


Historique


Jusqu'en 1789, la forêt communale de Wattwiller appartenait à l'Abbaye de Murbach. A la Révolution, les communes entourant l'Abbaye, se partagèrent ses biens et la commune de Wattwiller reçut la presque totalité de sa forêt actuelle. Seules les parcelles 16, 17, 18 du canton de Jundenwald acquises par voie d'achat, proviennent de l'ancienne propriété des seigneurs du Hitzenstein, suzerains de l'Abbaye.
La forêt de Wattwiller est composée d'une ancienne forêt située sur le territoire communal et depuis 1992, de 24 hectares situés sur la commune de Lauw, soit au total 591 hectares sur 38 parcelles.

Traumatismes de guerre :
La forêt de Wattwiller a subi des tirs d'artillerie concentrés et renouvelés au cours de la Grande Guerre 1914/1918, localisés sur la partie haute de la forêt.
Un arrêté du 2 février 1921 la classait en totalité en zone historique.
Par contrat du 20 décembre 1928, l'Etat a acquis les parcelles les plus dégradées soit 136 hectares.
En 1929, la commune a été indemnisée en numéraire et en titres pour dommages de guerre.
A la libération de 1945, de nouveaux dégâts ont eu lieu sous l'effet du bombardement des batteries allemandes positionnées dans le bas de la forêt.
En 1965, les parcelles acquises par l'Etat ont été rétrocédées à la commune de Wattwiller, excepté une vingtaine d'hectares qui constituent toujours la forêt domaniale du Vieil-Armand.

Situation géographique forestière :

La forêt communale occupe les contreforts orientaux de la chaîne du Grand Ballon. Elle s'étend sur les pentes est du Molkenrain (1128m) et sud du Hartmannswillerkopf, nommé Vieil-Armand depuis 1918 (956m). Ces bois, qui occupent trois profondes vallées aux expositions dominantes sud-est et sud-ouest dont l'altitude varie de 368m à 1115m, passent d'un climat de plaine à un climat de montagne.
Les bombardements de la guerre 14/18, particulièrement dans le secteur du Rehfelsen (parcelles 6 à 10), ont laissé une soixantaine d'hectares en évolution naturelle sans intervention humaine. Ce véritable trésor de biodiversité et de laboratoire écologique à ciel ouvert a fait l'objet d'un projet de Réserve Naturelle Régionale.

Avant 14/18, la forêt se présentait sous la forme d'une sapinière-hêtraie dans sa partie haute. Le sapin était l'essence dominante (60 %) associée au hêtre (30 %) et au chêne (10 %). Aujourd'hui, le sapin a pratiquement disparu et laissé la place aux feuillus dont le hêtre est l'essence principale. Dans les parties basses, le chêne domine, mélangé aux bouleaux et aux châtaigniers accompagnés dans les vallons humides de frênes et d'aulnes.

Actuellement, le gestionnaire de la forêt communale est l'Office National des Forêts, établissement public qui a succédé à l'administration des Eaux et Forêts en 1966.
L'ONF est chargé d'assurer la gestion durable des forêts publiques soumises au régime forestier et intervient en main d'oeuvre pour l'encadrement des travaux.


Maison forestière

Agent ONF : Pierre TETTAMANZI
Rue de la 1ère Armée, 68700 Wattwiller
Tél. : 03 89 75 42 77
Mail : pierre.tettamanzi@onf.fr
Pour en savoir plus : http://www.onf.fr



Dimension économique de la forêt
La récolte moyenne annuelle de bois de la forêt de Wattwiller est d'environ 1500m3 (50 % de résineux et 50 % de feuillus). Les résineux sont principalement destinés à la charpente, les feuillus au bois d'oeuvre (20 %) et au chauffage (30 %).

La fourniture de bois de chauffage pour les habitants de Wattwiller
La commune propose aux habitants la possibilité de se procurer le bois nécessaire à leur chauffage domestique en le prélevant dans la forêt communale de 3 manières :
1) L'achat de grumes (BIL) à bord de chemin
2) L'achat de stères de hêtre ou de chêne façonnés en bûches d'1m à bord de chemin
3) l'achat de bois sur pied ou fonds de coupe à façonner par l'affouagiste et vendu au forfait par lot
Le prix de vente est fixé par le conseil municipal.

Bois mort : la carte de ramassage de bois mort n'est pas mise en service dans la commune.

Quand un ermite vivait dans la forêt de Wattwiller :

Un petit bonhomme fort sympathique surnommé "Hatti" vivait depuis la fin des années 20 dans un ancien abri de la guerre de 14/18, situé dans la montée du Steinigerweg.
De son vrai nom Emile Wurtz, né en 1878 à Etueffont (Territoire de Belfort), "Hatti" était un ancien légionnaire, privé d'attaches et de famille.
Véritable homme des bois, "Hatti" vivait de la cueillette de fruits sauvages et de champignons. La forêt était son "chez-soi". Familier des wattwillerois, il rendait de menus services en échange de nourriture.
La veille de Noël 1953, les élèves de l'école des filles de Wattwiller lui ont rendu visite , en cortège précédé d'un enfant en tenue d'ange et portant un sapin de Noël. Un bref moment de bonheur car l'hiver 1954 fut un douloureux épisode pour les sans-abri. Sans nouvelle de "Hatti", les villageois inquiets l'ont trouvé le 4 février en état d'hypothermie et l'ont transporté dans le cellier de la mairie où il est décédé.